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deux fortes explosions spectaculaire à Beyrouth

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La capitale libanaise a été secouée, mardi 4 août, par deux fortes explosions dans la zone du port de Beyrouth qui ont fait au moins 73 morts et 3 700 blessés, selon un bilan provisoire. Selon le gouvernement, 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium, stockées depuis six ans dans un entrepôt, sont à l'origine de cette tragédie.

A l'origine de ces déflagrations, environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium étaient stockées dans l'entrepôt du port de Beyrouth qui a explosé, a dénoncé le Premier ministre Hassan Diab.

«Il est inadmissible qu'une cargaison de nitrate d'ammonium soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C'est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire sur cette question», a déclaré le Premier ministre durant la réunion du Conseil supérieur de défense, selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse.

Le nitrate d'ammonium est un engrais chimique et également composant d'explosifs, qui a déjà causé plusieurs accidents industriels dont l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001.

 

«Nous ne connaîtrons pas de repos tant que nous ne trouverons pas le responsable de ce qui s'est passé pour qu'il rende des comptes», a promis le Premier ministre.

La Sûreté générale libanaise avait auparavant évoqué des «matières explosives», toute en ajoutant que l'enquête devrait déterminer «la nature exacte de l'incident».

Une journée de deuil national

Le président libanais, Michel Aoun, a convoqué, mardi soir, une «réunion urgente» du Conseil supérieur de la Défense. Ce dernier a déclaré que Beyrouth est une «ville sinistrée», «recommandant» au gouvernement de décréter l'État d'urgence, selon l'agence nationale d'informations ANI.

Durant cette période, un «pouvoir militaire suprême sera chargé de toutes les prérogatives en matière de sécurité», selon le communiqué de clôture du Conseil supérieur de défense. Le gouvernement doit tenir une réunion d'urgence mercredi.

De son côté, le Premier ministre Hassan Diab a décrété une journée de deuil national mercredi «pour les victimes de l'explosion du port de Beyrouth».

Des dégâts à l'intérieur de l'aéroport international de Beyrouth

Vers 18 h locales, une première explosion a été entendue à Beyrouth, suivie d'une autre, très puissante, qui a provoqué un gigantesque champignon dans le ciel. Les immeubles ont tremblé et les vitres ont été brisées à des kilomètres à la ronde. Le souffle a été ressenti jusque sur l'île de Chypre, à plus de 200 km.

Le Centre jordanien d'observation sismologique a affirmé que la force de l’explosion était équivalente à un séisme de magnitude 4,5 sur l’échelle de Richter.

Corps gisant au sol, carcasses de voitures et entrepôts aplatis... Dans les rues, des soldats évacuaient des habitants abasourdis, certains couverts de sang, leur T-shirt autour du crâne pour panser leurs blessures. Des volontaires aidaient d'autres à trouver de l'assistance. Des voitures, airbags ouverts, mais aussi des bus, ont été abandonnés au beau milieu des routes. Des habitations proches du port ont été rasées ou fortement endommagées.

Outre les images ahurissantes des explosions, des photos postées sur les réseaux sociaux ont montré des dégâts à l'intérieur du terminal de l'aéroport international de Beyrouth, situé à neuf kilomètres du site.

Plusieurs heures après le drame, des hélicoptères continuaient de déverser de l'eau pour tenter d'éteindre les flammes. Le secteur du port a été bouclé par les forces de sécurité, qui ne laissaient passer que la défense civile, les ambulances aux sirènes hurlantes et les pompiers.

L'ONU au Liban a affirmé que des Casques bleus avaient été grièvement blessés à bord d'un navire endommagé par les explosions. Des membres du personnel de l'ambassade d'Allemagne ont aussi été blessés, selon Berlin.

Réactions à l'étranger

Le drame de mardi vient s'ajouter à la détresse des Libanais. Leurs pays connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation monétaire inédite, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques, qui alimentent depuis plusieurs mois la grogne sociale.

À l'étranger, la France a été parmi les premières à réagir, déclarant être aux «côtés du Liban». Le président Emmanuel Macron a annoncé que son pays va envoyer un détachement de la sécurité civile et « plusieurs tonnes de matériel sanitaire » à Beyrouth.

«Des urgentistes vont également rejoindre Beyrouth au plus vite pour renforcer les hôpitaux. La France est déjà engagée », a ajouté le chef de l'État.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a lui aussi exprimé le soutien de son pays au peuple «résilient» du Liban.

«Nos pensées et prières sont avec le grand et résilient peuple du Liban», a tweeté le ministre iranien. «Comme toujours, l'Iran est tout à fait disponible pour fournir de l'assistance par tous les moyens nécessaires», a-t-il dit, appelant le Liban à «rester fort».

Aux États-Unis, le président Donald Trump a estimé que les explosions meurtrières à Beyrouth «ressemblaient à un terrible attentat».

«J'ai rencontré nos généraux et il semble que ce n'était pas un accident industriel. Il semble, selon eux, que c'était un attentat, c'était une bombe», a-t-il déclaré à la presse.

Plus tôt, son chef de la diplomatie Mike Pompeo a proposé l'aide de son pays, en déplorant une «horrible tragédie».

Sur Twitter, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé que le Canada est «prêt» à aider le Liban.

Un responsable israélien s'exprimant sous le sceau de l'anonymat a assuré qu'«Israël» n'avait «rien à voir avec cet incident».